Qui sommes-nous ?

Françoise LANTOINE: professeur des écoles et coach 

C’est avec le cœur battant, les mains tremblant légèrement, que j’écrivais mon nom au tableau pour la première fois. L’odeur familière des livres neufs rassurait la jeune enseignante pleine d’espoir que j’étais.

Je restais pourtant une étrangère, désemparée, plantée devant des élèves qui rêvassaient, dessinaient, jouaient… Au fil des jours, les bavardages, les rires, et le brouhaha indiquaient que mes élèves m’ignoraient, me défiaient en ne me laissant d’autre possibilité que de me remettre en question.

Toutes mes tentatives et mon travail acharné étaient vains. Et chaque matin, en ouvrant la porte de ma classe, la solitude et le découragement s’emparaient de moi. Je n’étais plus la jeune femme motivée, persévérante et souriante que tous mes proches connaissaient. Mon attitude distante trahissait mon envie de démissionner.

Noyée par des « c’est difficile », « est-ce que ça va encore durer longtemps ? », « est-ce que je vais y arriver ? Je m’enfonçais impuissante, dans un abîme sans fond.

Et puis un jour, en sciences, une grosse motte d’argile, et divers outils ont provoqué chez mes élèves surprise, amusement, et commentaires curieux. Dans un silence aussi surprenant qu’inhabituel, en arborant ce sourire que j’avais enfin retrouvé, j’ai commencé à façonner une forme avec l’argile et cette invitation à l’action finit par séduire les plus récalcitrants. Ce jour là, l’étrangère, la prof a découvert ses élèves pour la première fois : l’individu mais aussi le groupe, les personnalités, les forces, les faiblesses. Ce jour là les élèves se sont sentis importants, écoutés et regardés avec bienveillance.

Cette expérience m’a montré comment redonner confiance, comment apprendre à canaliser les énergies, comment révéler les personnalités et cultiver l’originalité. D’autres expériences ont suivi durant toute l’année….avec des supports motivants, originaux, surprenants permettant de développer des savoirs être, d’apprivoiser les émotions, d’acquérir des savoirs faire et des connaissances.

Je regardais avec émerveillement mes élèves évoluer, s’entraider, grandir et s’épanouir, ils pétillaient tous.

J’encourage depuis chacun à développer sa confiance, à renouer avec le goût de l’effort et le plaisir d’apprendre pour lui permettre de s’épanouir en développant ses talents et ses compétences. Je cherche la richesse qui caractérise chacun, je reconnais l’enfant dans ce qu’il est profondément, et je trouve avec lui une voix qui lui permettra de l’être encore mieux.

 

François PROVENCE: surdoué en échec scolaire, père d’un enfant précoce et famille d’accueil 

Comme les jours précédents, et ceux d’avant encore, le crissement rapide et sec de la craie sur le tableau noir, marquait le rythme effréné auquel j’aurai dû assimiler cette quantité d’information. Un petit cocktail de connaissance et de savoir, qui ne me laissait que le goût amer des punitions et des paires de claques. Ce breuvage quotidien, n’avait d’autre effet sur mon jeune cerveau surdoué, que de me persuader de l’inverse.

Je savais bien que j’allais encore être le dernier de la classe, et la perspective de l’humiliation qui m’attendait ne me rendait vraiment pas fier. J’étais triste, malheureux.

Mon père aurait tellement voulu que je lui ressemble, que je fasse de brillantes études d’ingénieur. Dans ma famille la réussite sociale était vraiment la chose qui semblait la plus importante aux yeux de tout le monde.

Cela faisait déjà de nombreuses années que je me trouvais quotidiennement assis face à ce grand mur d’idées noires, et je ne soupçonnai pas encore à quel point ce coup de téléphone qui venait de retentir, pouvait dissimuler la plus belle opportunité que je n’avais jamais eu. Ce n’était pas en soi ce séjour de ski offert par un ami qui était important, mais le trésor que j’allai y découvrir.

Je n’avais jamais pratiqué ce sport. Je n’en éprouvais d’ailleurs pas spécialement le désir. De toute manière je m’étais laissé entrainer dans cette aventure, il n’était donc pas question de reculer.

Il me fallut bien moins de temps pour me retrouver les fesses dans la neige que je n’en avais mis pour m’affubler de ce pénible équipement. Cette première approche ne fut pas plus encourageante que les bons conseils prodigués par mon ami. Mon incapacité totale à tenir debout sur des skis, me rappelait une fois de plus que c’était toujours moi le dernier et le plus médiocre. Cette nouvelle situation d’échec ne m’a pas laissé d’autre choix que de regarder les autres faire ce que je ne parvenais pas à faire.

A partir de cet instant précis, quelque chose c’est déclenché dans mon subconscient. Ce fut le début d’un processus d’apprentissage. Un apprentissage rapide, très rapide. Si rapide qu’au bout d’une dizaine de jours, c’était la verticalité d’une piste noire qui m’attendait pour me procurer le plus grand des bonheurs.

Si ce que je venais de réaliser semblait un miracle aux yeux de mon ami, cela n’en était pas un pour moi. J’avais simplement changé ma manière de regarder les choses, les gens qui m’entouraient et les émotions que je percevais. La mise en pratique immédiate de mes observations et de mes ressentis me permettait de matérialiser et d’enregistrer une très grande quantité d’informations dans un laps de temps particulièrement court. Mon attitude a changé spontanément et les choses sont allées aussi vite, que la vitesse à laquelle mon attitude changeait.

Par la suite, ce même processus je l’ai appliqué à chaque étape importante de ma vie et les résultats ont toujours été aussi impressionnants.

Dorénavant, cette manière d’apprendre très rapidement les choses qui sont essentielles pour atteindre un objectif et d’en apprécier les bénéfices immédiats qui en résultent, fait partie de mon fonctionnement inconscient.

Maintenant, j’aimerai tellement réveiller et activer ce mode de fonctionnement, qui est inné en chacun de nous, avec toutes les personnes qui ne veulent plus perdre un temps si précieux pour que leurs rêves deviennent une réalité.