Mon fils ne sait pas lire en CE1

Qu’est-ce qu’apprendre à lire ?

C’est apprendre à décoder les mots, à les identifier et les reconnaitre mais aussi et surtout à les comprendre.

Savoir lire, c’est donner du sens à ce que l’on déchiffre.

Les dimensions de code et de compréhension sont donc indissociables du bien lire. Lire est devenu un automatisme pour nous adultes. Nous avons oublié la complexité de cet apprentissage qui commence « officiellement » au cours préparatoire, se poursuit tout au long de la scolarité mais se prépare dès la petite enfance.

 

Les grands principes de l’apprentissage de la lecture

Avant d’être lue, une langue se parle. L’enfant connait un certain nombre de mots mais il ne sait ni les lire, ni les écrire. Tout se passe à l’oral.

  1. La première étape pour accéder à la lecture est la conscience phonologique : l’enfant prend conscience que les mots sont composés de sons.

Par exemple, il connait le mot « maison » avant d’aller à l’école mais il ne sait pas qu’il se forme à partir des quatre sons « mmm », « ai » « zzz » et « on ».

Ce travail sur les sons se fait à l’école maternelle et est essentiel pour entrer dans la lecture.

  1. Le principe alphabétique : Il ne s’agit pas seulement de connaitre les lettres de l’alphabet. L’enfant apprend ensuite qu’une relation existe entre une lettre et un son, entre l’écrit et l’oral.

Ce qui se dit doit pouvoir s’écrire et ce qui est écrit doit pouvoir se lire.

Ce principe est découvert en maternelle et approfondi par la suite à travers les activités d’encodage (de l’oral vers l’écrit) et de décodage.

  1. Le décodage : savoir lire, c’est établir le lien entre lettres et sons et les combiner afin d’être capable de déchiffrer et d’identifier les mots.

Le décodage précède la compréhension.

  1. La compréhension : même si le souci du sens est toujours présent dans l’apprentissage de la lecture, la compréhension de ce que l’enfant lit n’intervient qu’une fois qu’il sait bien déchiffre.

 

Lire est une activité complexe : on doit traiter et reconnaître les signes graphiques d’une langue, former mentalement ou à voix haute les sons que ces signes ou leurs combinaisons représentent et leur associer un sens.

 

Différentes activités sont mises en oeuvre lors de la lecture :

  • Une activité visuelle : balayage visuel, saccades et fixations oculaires permettant la prise d’informations.
  • Une activité attentionnelle : le lecteur doit être capable de maintenir son attention sur le matériel proposé. La capacité de concentration de l’enfant est variable : en multipliant l’âge de l’enfant par quatre, on obtient une idée du temps de concentration dont il est capable pour une même activité. Par exemple, 24 minutes environ pour un enfant de 6 ans.
  • Une activité mnésique : la mémoire à court terme, et plus spécifiquement la mémoire de travail doivent être performantes, ainsi que la mémoire à long terme.

 

 Qu’appelle-t-on le « déclic » ?

Le moment du «  déclic » est variable d’un enfant à l’autre se déroule souvent pendant l’année de CP.

Votre enfant répète les syllabes, et un jour, il est capable de déchiffrer des mots dont il n’a pas forcément étudié tous les sons ou qui n’appartiennent pas à son vocabulaire courant.

Le déclic s’est produit ! Il est entré dans la lecture. Il a compris la correspondance entre lettres et sons et que cela crée des mots.

Cela parait presque magique et pourtant, non, l’enfant s’est bien exercé pour parvenir à ce résultat. À partir de là, la lecture sera de plus en plus  fluide.

 

Mon enfant ne sait pas bien lire à la  fin du CP, est-ce un problème ?

L’apprentissage de la lecture est l’enjeu du CP mais il reste au cœur de l’enseignement en CE1 et encore en CE2. Donc pas de stress si vous n’avez pas un lecteur émérite à la maison en  fin de CP. Chaque enfant avance à son rythme. Un peu de patience !

Certains arrivent à lire à Noël, à Pâques, d’autres en sont encore au déchiffrage, quoi qu’il en soit un enfant qui ne parvient pas à lire de manière  fluide à la  fin du CP entrera tout de même au CE1.

Restez cependant vigilant si votre enfant ne parvient pas à déchiffrer en  fin de CP ou s’il bute beaucoup sur les mots en CE1.

Ces deux classes sont déterminantes pour un bon démarrage. Évitez aussi de comparer les performances de vos enfants. Votre ainé a peut-être cheminé rapidement vers la lecture alors que le second a plus de difficultés ou l’inverse. Qu’importe, chaque enfant est différent et mérite une attention particulière.

 

Comment repérer si mon enfant a du mal à apprendre à lire ?

Certains facteurs peuvent engendrer des difficultés d’apprentissage de la lecture :

– un déficit visuel

– un déficit auditif (perte auditive permanente ou ponctuelle engendrée par des otites à répétition)

Des difficultés dans le langage oral peuvent aussi vous alerter :

  • des difficultés de manipulations des sons, des rimes et des syllabes,
  • un stock lexical pauvre,
  • une mémoire verbale peu performante (gêne dans la répétition de mots, de chiffres),
  • des difficultés de dénomination des lettres (dans leur reconnaissance et leur identification).

 

Repérer les difficultés pendant que votre enfant lit

– Une lecture lente, hésitante, saccadée, syllabique,

– Le ton de la lecture est monocorde, monotone,

– La ponctuation est peu respectée,

– L’enfant se fatigue rapidement lors de sa lecture et sa compréhension est souvent très mauvaise, voire nulle.

Il commet de nombreuses erreurs qu’il corrige parfois de lui-même en effectuant des retours en arrière:

  • des confusions/substitutions visuelles entre des lettres dont les formes graphiques sont proches :

b/d, p/q, u/n, h/k, o/a, m/n… Par exemple, bateau > dateau.

  • des confusions auditives entre des lettres dont les formes phonétiques sont proches :

p/b, f/v, a/an… Par exemple, vélo > félo.

  • des omissions de lettres/syllabes.

Par exemple, poste > pote, pantalon > panlon.

  • des ajouts de lettres/syllabes.

Par exemple, glouton > gloutron, cheval > chepaval.

  • des inversions de lettres dans une syllabe.

Par exemple, cartable > cratable.

  • des inversions de syllabes.

Par exemple, cartable > tacarble.

  • des erreurs sur les sons complexes.

Par exemple, bataille > batel, écureuil > écuril.

  • des erreurs sur des mots fonctionnels (conjonctions de coordination/subordination, pronoms personnels, pronoms relatifs…).

Par exemple, il > li.

Si certaines erreurs citées ci-dessus sont fréquentes chez votre enfant, Il est important de consulter un orthophoniste afin de réaliser un bilan (prescrit par un médecin).

Il consiste à mettre en évidence les compétences et les difficultés de l’enfant dans le but d’établir un projet thérapeutique adapté à ses besoins. Les objectifs de la rééducation sont de développer les stratégies qui permettront de contourner les difficultés en s’appuyant sur les capacités de l’enfant, de développer les compétences déficitaires (celles ayant un rôle majeur dans l’apprentissage de la lecture) et de parvenir ainsi à une meilleure lecture. Cela contribuera également à redonner confiance à votre enfant.

 

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